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Bonjour !
Quel drôle d’effet cela fait de revenir sur cet espace laissé à l’abandon de si longs mois… L’art m’avait laissé et moi j’avais laissé l’art. Aujourd’hui, avec moins d’enthousiasme toutefois, je m’y remets, parce que le nouveau sujet du CAPES me titille. Oh non, il ne me titille pas parce qu’il est foisonnant ou intriguant ou que sais-je encore… La seule chose qui m’incite à m’y mettre c’est qu’il ne donne aucune indication bibliographique, et que ça met les neurones en ébullition. Alors j’écris ceci sans avoir pris connaissance du contenu des expositions donnant le début et la fin de la période que nous avons à étudier : The Art of assemblage au MoMA en 1961 et un truc sur le corps au musée d’Orsay en 1990 (oh j’avais 5 ans ! et on ose appeler ça de l’art contemporain !!! mdr cynique). Je me lance avec exaltation, vous allez voir c’est à la limite du delirium tremens (mais je ne bois toujours pas, même si désormais j’ai un portable !). 

Si l’assemblage est un terme familier à l’art moderne, il peut poser problème pour la période qui lui est postérieure. Nous pouvons d’ailleurs relever, en plus de l’assemblage tel que l’entendrait l’historien d’art moderne, deux autres acceptions. En premier nous avons donc l’assemblage au sens propre, celui de matériaux, et la question sera avant tout d’ordre technique. En deuxième, c’est d’un assemblage des formes au sein de la vaste problématique de l’image dont il faudra poser les bases. Et pour finir nous nous attarderons sur le sens figuré et conceptuel de ce terme en n’oubliant pas d’évoquer le contenu narratif qu’acquiert l’art en cette période. Cet exercice ne suppose pas de problématique de départ puisque son but est d’en découvrir.
Avant d’entrer sans le sujet, arrêtons-nous sur les bouleversements des années d’entre-deux-guerres mondiales et dans la quinzaine qui suivit. Nous avons à ces époques la construction de deux pôles, de chaque côté de l’Atlantique. L’art américain a d’abord cherché à se constituer en rejettant l’art de l’ancien continent jugé alors trop froid ou trop rationnel (c’est sûr que comparé à Pollock …). Trois grandes figures s’élèvent dans les années cinquante, laissant de côté les classiques ationnalistes et réalistes (Hopper et compagnie) ; il s’agit de Pollock, Rothko, Newman. D’autres noms auront de l’importance : Rauschenberg, Cage, Cunningham, dans un esprit néo-dada qui finalement deviendra typique des années soixante. En Europe, la guerre ayant commis des dégâts longs à réparer, l’art n’est pas au mieux de sa forme. Il est d’ailleurs très difficile d’en établir un résumé. ous dirons donc seulement que l’art fait plus littéraire ou au contraire plus matiériste, plus proche du corps (arte povera, body art…). La peinture en pâtit. Dans ces conditions, la recherche de matériaux et de modalités d’exposition va de soi.

Assemblage de matériaux
Les moments de crise sont propices à la « fabrication », la récupération (cf. Les merz de Schwitters, au lendemain de la Première Guerre mondiale), le bricolage quoi… Lorsque l’on n’a plus de matière on bidouille avec des bouts de tout. Et l’on peut dire que les années cinquante et soixante ont vu les artistes se familiariser avec cette notion. Par matériaux, nous entendons les matières comme médiums. Ainsi l’intermédialité a-t-elle vu le jour et les limites entre les arts ont parfois eu tendance à vaciller. Mais là où l’art a fait plus d’une fois sa révolution, c’est dans le brouillage des notions d’œuvres « finies » ou « terminées », d’unité, de multiplicité. Il n’est alors plus temps de parler d’oeuvre d’art, il n’y a plus d’unité de l’art en un objet.

Des récupérateur comme Schwitters, il y ‘en a eu beaucoup dont les acteurs du nouveau réalisme : Spoerri, Arman, César en France, Jim Dine en Angleterre etc. Leur volonté fut de constituer une sort de compte-rendu ou de mythologie du quotidien. C’est surtout parmi les grands sculpteurs du  XXème siècle que l’assemblage insprire : Tinguely, Calder, puis Takis. Il y a un souffle de liberté et une multiplication des possibilités grâce aux débuts de l’ère post-industrielle. Le plexiglas et autres plastiques sont des médiums qui ne cesseront dès lors d’être présents sur les scènes artistiques.
Le pop art est aussi passé par cette explosion visuelle, et ce n’est pas sans que les théoriciens se posent un certain nombre de questions (genre l’école de Francfort) quant à la surcharge d’images à analyser et à une fatigue cérébrale qui mèneraient en enfer si on les entendait !!! (La liberté prise par les artiste fait peur, surtout lorsqu’il s’agit de pourfendre les limites entre les arts, n’est-ce pas Monsieur Adorno ?).
Il faudrait une vraie analyse de ce qu’est ce besoin d’hétérogène chez les artistes qui pratiquent de façon sérielle et donc qui visent à produire de la répétitiion, donc une certaine forme d’homogénéisation.
je préfère ne pas m’étendre sur des conjectures alors passons à la possibilité d’entremêlement de Rauschenberg, qui travaille, dès 53, des Combines paintings, faites de matières peu identifiables et d’objets banals et moins banals comme une tête de bouc empaillé. Le tout recouvert de dégoulinures de peinture comme pour « assembler » l' »in-assemblable » !
L’assemblage du son au matériel est une chose sur laquelle j’ai peu de connaissances. Je pourrai juste évoquer le célèbre Nam June Paik, vidéaste-plasticien. Ses murs de poste TV, concerts de violoncelle avec Charlotte Moorman revêtue d’un soutien-gorge fait de deux mini écrans TV, en lieu et place des bonnets (vive le TV bra !), et d’autres personnages aux corps hi-fiesques, sont d’un effet plastique remrquable pour ces années soixante et seraient un sujet parfait pour l’étude de l’assemblage.
Le sujet donné doit traiter de spectacles vivants et d’architecture en plus des arts visuels et sonores. Et puis quoi encore ??!!!
Pour l’archi, ça peut aller, il faudra parler du constructivisme et se questionner sur ce qu’est « habiter » dans des espaces assemblés, composites, imbriqués. Le puzzle est la figure symbolique ici. C’est le jeu, comme le légo, jeux de construction : il s’agit de trouver la pièce adéquate qui permet de former un objet « cohérent » comme dit Larousse, et donc viable soit par sa fonction (ce qui est efficace, qui fonctionne), soit par son esthétique. Et j’ai pas dit plus haut qu’il n’y avait plus d’objet-œuvre d’art ???

L’image
L’art moderne avait bousculé la notion d’image grâce au collage, à la photographie qui transforme, falsifie, ou prend acte, grâce à la propagande qui exacerbe, déforme grâce ..; Bon bref qu’est ce qu’on veut faire de l’image en 1961 ? Je crois qu’on veut la détruire pour mieux la reconstruite et que ce n’est que le prémice de notre ère, celle du numérique ! On prend une photo mais elle n’existe pas en tant que matière, elle n’est qu’une information, elle est virtuelle. Et comme il est rare qu’on l’imprime sur du vrai papier qu’on peut toucher et choyer contre soi, ben j’appelle ça de la destruction pour faire une image reconstruite mais virtuelle.
Le cinéma puis la vidéo ont chamboulé le rapport de l’image au temps et la question de la ressemblance est une question de semblants, d’assemblant quoi
Sembler; assembler, ressembler, ….

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