Automne : feuilles (V. Hugo)

A lire avec une distance : celle du temps et des idéologies religieuses et politiques. C’est la condition pour être touché.

(poésie d’une amère à ceux qui essaieront de la comprendre…)

Que t’importe, mon cœur, ces naissances des rois
Ces victoires qui font éclater à la fois
Cloches et canons en volées,
Et louer le Seigneur en pompeux arppareil,
Et la nuit, dans le ciel des villes en éveil,
Monter des gerbes étoilées ?

Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté !
Rien ici-bas qui n’ait en soi sa vanité :
La gloire fuit à tire-d’aile ;
Couronnes, mitres d’or, brillent, mais durent peu ;
Elles ne valent pas le brin d’herbe que Dieu
Fait pour le nid de l’hirondelle !

Hélas ! PLus de grandeur contient plus de néant !
La bombe atteint plutôt l’obelisque géant
Que la tourelle des colombes.
C’est toujours par la mort que Dieu s’unit aux rois ;
Leur couronne dorée a pour faîte sa croix,
Son temple est pavé de leurs tombes.

Quoi ! hauteur de nos tours, splendeurs de nos palais,
Napoléon, César, Mahomet, Périclès,
Rien qui ne tombe et ne s’efface !
Mystérieux abîme où l’esprit se confond !
A quelques pieds sous terre un silence profond,
Et tant de bruit à la surface !

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