Ironie et architecture #1

Attention attention ! Moment d’assoupissement garanti pour ceux qui ont du mal à se concentrer ! Je m’apprête à parler d’un sujet sérieux : mon mémoire de Master Art et Culture mention Esthétique effectué à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et bla et bla.

Déjà lassé ? Non… Attendez ce n’est rien : deuxième niveau du jeu, le titre

« La réaction ironique des architectes au modernisme dans les années 1970 et 1980« 

Ou comment on se pose une question que personne ne s’est posée avant, et ça, ça le fait. Du moins quand on a le nez dedans.

En fait, j’avais été pas mal surprise par les architectures dites post-modernistes qui jouaient avec les codes, les formes, les couleurs, les fonctions des bâtiments.

Exemple : le théâtre de Ricardo Bofill à Noisy-le-Grand

Les post-modernes ont cherché à réinventer les codes visuels connus de tous, après le purisme et l’ascétisme des modernes. Ils se sont surtout attaché à la citation, à la narration, au décalage et parfois même à l’absurde.

Le Corbusier, architecte le plus connu du modernisme, prône la fonctionnalité et la simplicité. La villa Savoye est son parangon. Une villa corbusienne peut se trouver n’importe où, à Poissy comme à Tokyo ou en Sibérie. Sa fonction seule fait sens. Alors qu’une architecte post-moderne s’attache au lieu dans lequel elle s’implante.

Villa Savoye, Poissy (1931)

Après lui, les architectes chercheront le curieux, l’insolite tout en s’attachant à donner du sens à leur oeuvre. Pei réinterprète la cour Napoléon du Louvre en lui insufflant à la fois une  profondeur historique et un éclat grâce à l’utilisation du verre.

Pyramide du Louvre (1989)

Renzo Piano fit, lui, du centre Pompidou une machine à penser, une fabrique de l’art, en extrayant les réseaux d’eau, d’électricité, de ventilation etc. et l’ossature-même de l’intérieur du bâtiment vers l’extérieur, pour laisser à l’intérieur des espaces dédiés à l’art complètements libres, sans entraves, au sens littéral comme au figuré.

Comprendre comment on pouvait trouver intéressant de loger des centaines de familles dans des immeubles massifs et d’aspect monumental m’a donc menée à l’ironie. Même si celle-ci se teinte de cynisme (d’ailleurs une partie de la question ne pouvait être résolue : comment savoir si les créateurs avaient conscience de l’ironie de leurs choix formels ?).

L’investigation devait tenir dans le cadre d’un mémoire d’esthétique, de philosophie de l’art. Il fallait donc s’appuyer sur un panel de philosophes depuis la maïeutique platonicienne jusqu’à Kierkegaard. Très franchement je ne me souviens plus de la conclusion.

Elle ne devait pas briller par son éloquence ni par ses réponses à la susse-dite question. Mais je vais essayer de tirer de l’ensemble quelques articles intéressants.

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