Des idées aux actes (1)

J’ai parcouru il y a peu de temps un livre qui explique comment réduire presque à néant ses déchets. Zéro déchet de Béa Johnson, éditions Les Arènes. Cette question, qui est une vraie problématique à la fois en idées et en actes, est vraiment épineuse.

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En plus de nous interpeller au quotidien et dans nos petites vies quotidiennes et insignifiantes, cette question nous parle du monde tel qu’il a été voulu et est voulu à un moment donné.

Encore faut-il que je m’adresse à ce que je crois être un grand nombre de personnes qui se posent des questions, dont celle-ci : où se retrouve réellement ce qui part de chez moi ?
Et plus encore, tout ce que j’achète, ce plastique qu’on croit si fantastique, issu de pétrole, qu’on jette allègrement pour acheter de la nouveauté, produit encore et encore du toxique pour disparaître ! Et le plastique, il est véritablement partout.

Mais qui ne s’est jamais posé ces questions ???!

Et je me suis rendue compte qu’il fallait un temps fou pour réduire voire, pour les plus « orthodoxes », anéantir les déchets du quotidien. Parce que le recyclage est un leurre : recycler c’est quand même produire des déchets.

Réduire ses déchets, qu’ils soient recyclables ou non, c’est d’autant plus compliqué en France que la consignation n’existe presque plus. Prenons l’exemple du lait. Je l’achète en briques et pourtant j’ai un distributeur de lait pas très loin de chez moi. Seulement, ça demande du temps supplémentaire, qu’il faut multiplier dans la semaine car il s’agit de remplir une bouteille propre certes mais pas stérilisée donc le lait ne se conserve pas aussi longtemps, donc une bouteille à la fois… Résultat je ne m’y mets pas. Alors que chaque fois que je jette mes briques dans le conteneur de recyclage, j’enrage. En plus j’aurais la « chance » de consommer localement (entre guillemets car ce n’est pas non plus un type d’élevage particulièrement sain dont il s’agit).

Et encore, je parlais d’un déchet recyclable. Qu’en est-il des déchets que l’on ne sait pas recycler et qui s’amoncèlent et partent en fumées toxiques au bout du compte ?

Composter ses déchets de cuisine devrait presque être une obligation ! Que ce que la terre a donné retourne à la terre !

Béa Johnson nous explique qu’elle fait ses courses en vrac et qu’à part quelques exceptions, elle n’utilise plus que des pots en verres comme contenant ou des filets pour les fruits et légumes. C’est super pour elle, je comprends qu’elle se montre en exemple. Mais trouver des commerçants qui vendent en vrac c’est compliqué, à moins d’avoir envie de parcourir des centaines de kilomètres, ce qui pousse son bilan carbone au niveau de celui de la production des emballages, surtout quand on habite à la campagne. Je dois faire 30 km pour trouver un Biocoop et les supermarchés du secteur ne vendent pas en vrac.

Et cette histoire de consignation qui a disparu, c’est quand même énorme. A la place, c’est un véritable système économique qui s’est mis en place puisque nous achetons le contenant aussi bien que le contenu. Je ne vous raconte pas le lobbying qui en résulte et qui empêchera pour des décennies encore que les politiques se bougent sur la question.
Enfin, il est loin (40 ans environ ? ce n’est pas si loin) le temps où la production alimentaire et sa distribution se faisaient relativement localement quand aujourd’hui on fait parcourir à une bonne majorité des aliments des milliers de km (2400 km en moyenne >o<).

A consulter : un rapport de 2011 du ministère de l’écologie sur le gaspillage alimentaire.

Et pour en revenir au livre Zéro déchet, l’auteure explique que réduire ses déchets c’est tendre vers la simplicité, vers la sobriété. C’est, de ce point de vue, assez intéressant : montrer qu’aller des idées aux actes c’est aussi faire une autre et nouvelle démarche, c’est-à-dire aller des actes aux idées. Et que se débarrasser du superflu laisse plus de place à la réflexion. Si vous ne deviez lire que quelques pages, référez-vous au dernier chapitre plein de belles utopies et d’idées fraîches.

Un petit documentaire très bien fait : Zéro déchet, de l’utopie à la réalité

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4 réflexions sur “Des idées aux actes (1)

  1. oh, c’est tout joli par ici !!!! Je suis contente de te relire 😊

    Et puis avec un sujet très intéressant et ouvert à débat…. Je peste très souvent, comme toi, en allant vider mes poubelles. J’aimerais les voir diminuer, mais j’ai beau faire des efforts, je ne vois que peu de résultats. J’ai un biocoop pas trop loin de chez moi, mais ils refusent que l’on vienne avec nos contenants. On repart donc quand même avec des emballages (qui sont moindres certes, mais qui sont présent). J’ai l’impression que l’on ne nous aide pas du tout dans cette démarche de minimiser les déchets. J’ai pourtant le sentiment d’avoir besoin d’aide et d’information pour y arriver. Peut-être que je vais lire ce livre, ça me donnera peut-être des pistes !!

    Merci Julie pour l’info, je me sent moins seule avec mes réflexions du quotidien 😉

    • Julie dit :

      Merci Marion !
      J’en reviens pas qu’on refuse de remplir tes contenants… Mais je crois qu’il y a beaucoup de gens qui se font berner par les mots « recyclable » et « biodégradable ». Alors ils se disent qu’un sachet de plus ou de moins ça ne fera pas de différence. Sauf que le sachet « biodégradable » finit toujours dans la poubelle qui sera incinérée… Donc il n’a pas le temps d’être biodégradé !
      Entre le green washing et ce genre de foutaises on n’est pas rendu !!

      J’ai trouvé le livre intéressant parce que c’est un témoignage qui va au bout de la démarche, mais franchement, à part se consacrer à plein temps à sa maison (car beaucoup de solutions se trouvent dans le fait-maison), et donc ne pas avoir de travail à l’extérieur, je ne vois pas comment faire. Ou alors il faut avoir une énergie folle, ce qui n’est pas du tout mon cas !

  2. Merci pour cet article, c’est aussi un sujet qui me tient à coeur. Même si en résidant en ville, ça me semble encore plus compliqué (pour les déchets organique par exemple).

    Ravie que le blog aborde ce type de sujet !

    • Julie dit :

      Le lombricomposteur est une solution mais encore faut-il lui trouver une place, ce n’est parfois pas possible… Des composteurs collectifs existent aussi au pied de certains immeubles…
      C’est clairement compliqué comme question et tout ce qu’on achète est concerné. 😦

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