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Interview d’Olivier De Shutter

Aujourd’hui je vous propose un peu de raison saupoudrée de réalisme et garantie sans aveuglement grâce à l’interview d’un « expert » par le magazine en ligne Bastamag.net.
Il s’agit d’Oliver De Shutter, qui a été le rapporteur spécial des Nations Unies à propos du droit à l’alimentation jusqu’à il y a un an.

Vous allez l’entendre : tout est dit.

Voici la retranscription de l’entretien : http://www.bastamag.net/Olivier-de-Schutter-Nous-sommes-extremement-immatures-dans-notre-maniere-de

« Nous sommes extrêmement immatures dans notre manière de concevoir l’avenir des sociétés » from Bastamag on Vimeo.

Des idées aux actes (1)

J’ai parcouru il y a peu de temps un livre qui explique comment réduire presque à néant ses déchets. Zéro déchet de Béa Johnson, éditions Les Arènes. Cette question, qui est une vraie problématique à la fois en idées et en actes, est vraiment épineuse.

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En plus de nous interpeller au quotidien et dans nos petites vies quotidiennes et insignifiantes, cette question nous parle du monde tel qu’il a été voulu et est voulu à un moment donné.

Encore faut-il que je m’adresse à ce que je crois être un grand nombre de personnes qui se posent des questions, dont celle-ci : où se retrouve réellement ce qui part de chez moi ?
Et plus encore, tout ce que j’achète, ce plastique qu’on croit si fantastique, issu de pétrole, qu’on jette allègrement pour acheter de la nouveauté, produit encore et encore du toxique pour disparaître ! Et le plastique, il est véritablement partout.

Mais qui ne s’est jamais posé ces questions ???!

Et je me suis rendue compte qu’il fallait un temps fou pour réduire voire, pour les plus « orthodoxes », anéantir les déchets du quotidien. Parce que le recyclage est un leurre : recycler c’est quand même produire des déchets.

Réduire ses déchets, qu’ils soient recyclables ou non, c’est d’autant plus compliqué en France que la consignation n’existe presque plus. Prenons l’exemple du lait. Je l’achète en briques et pourtant j’ai un distributeur de lait pas très loin de chez moi. Seulement, ça demande du temps supplémentaire, qu’il faut multiplier dans la semaine car il s’agit de remplir une bouteille propre certes mais pas stérilisée donc le lait ne se conserve pas aussi longtemps, donc une bouteille à la fois… Résultat je ne m’y mets pas. Alors que chaque fois que je jette mes briques dans le conteneur de recyclage, j’enrage. En plus j’aurais la « chance » de consommer localement (entre guillemets car ce n’est pas non plus un type d’élevage particulièrement sain dont il s’agit).

Et encore, je parlais d’un déchet recyclable. Qu’en est-il des déchets que l’on ne sait pas recycler et qui s’amoncèlent et partent en fumées toxiques au bout du compte ?

Composter ses déchets de cuisine devrait presque être une obligation ! Que ce que la terre a donné retourne à la terre !

Béa Johnson nous explique qu’elle fait ses courses en vrac et qu’à part quelques exceptions, elle n’utilise plus que des pots en verres comme contenant ou des filets pour les fruits et légumes. C’est super pour elle, je comprends qu’elle se montre en exemple. Mais trouver des commerçants qui vendent en vrac c’est compliqué, à moins d’avoir envie de parcourir des centaines de kilomètres, ce qui pousse son bilan carbone au niveau de celui de la production des emballages, surtout quand on habite à la campagne. Je dois faire 30 km pour trouver un Biocoop et les supermarchés du secteur ne vendent pas en vrac.

Et cette histoire de consignation qui a disparu, c’est quand même énorme. A la place, c’est un véritable système économique qui s’est mis en place puisque nous achetons le contenant aussi bien que le contenu. Je ne vous raconte pas le lobbying qui en résulte et qui empêchera pour des décennies encore que les politiques se bougent sur la question.
Enfin, il est loin (40 ans environ ? ce n’est pas si loin) le temps où la production alimentaire et sa distribution se faisaient relativement localement quand aujourd’hui on fait parcourir à une bonne majorité des aliments des milliers de km (2400 km en moyenne >o<).

A consulter : un rapport de 2011 du ministère de l’écologie sur le gaspillage alimentaire.

Et pour en revenir au livre Zéro déchet, l’auteure explique que réduire ses déchets c’est tendre vers la simplicité, vers la sobriété. C’est, de ce point de vue, assez intéressant : montrer qu’aller des idées aux actes c’est aussi faire une autre et nouvelle démarche, c’est-à-dire aller des actes aux idées. Et que se débarrasser du superflu laisse plus de place à la réflexion. Si vous ne deviez lire que quelques pages, référez-vous au dernier chapitre plein de belles utopies et d’idées fraîches.

Un petit documentaire très bien fait : Zéro déchet, de l’utopie à la réalité

Mhhm Pudding ! #2

Je vous parle à nouveau de pudding, et de ma dernière trouvaille en matière de livre de cuisine : un petit livre de recettes de pudding trouvé par hasard, un peu old school, style mamie gâteau, mais ma curiosité culinaire est sans bornes.

petit livre à télécharger >>> ici.

J’ai été déçue par le pudding aux patates douces (qui révèle soit que je n’aime pas les patates douces soit que cette recette n’était pas fameuse ?? Si vous avez une bonne recette, je suis preneuse, je ne voudrais pas être coupable de ne pas aimer ce tubercule) mais je garde espoir en voyant ces deux recettes-ci ! Elles sont sur ma « wish list » en tout cas :

puddingfontaine pudding

Féminisme ou objectivité ?

Souvent je me demande si mes réactions contre le machisme relèvent du féminisme ou de l’objectivité.

Je m’explique. Quand je vois, chaque jour sans exception, tous les symptômes du gouffre qui sépare les femmes des hommes, je me scandalise. Comment peut-on laisser faire ces injustices ?
Ces injures ? Ces soumissions diverses ?

Est-ce que je m’insurge alors contre un fait établi (c’est-à-dire un système de domination masculine comme l’explique Bourdieu) ou contre le dominant (et fais preuve de féminisme, au sens de lutte pour l’égalité homme-femme) ?

Une femme qui se dresse contre l’oppression masculine et la pression qu’elle subit en tant que femme vis-à-vis de la société est tout de suite perçue comme l’hystérique de service ou l’idéaliste du coin, elle est catégorisée pour mieux la mettre de côté.
Alors c’est l’image du serpent qui se mord la queue car nous en sommes réduites à nous taire, à rester en retrait, à nous faire petites, exactement ce que notre belle société machiste cherche à faire des femmes : timides, précieuses, frivoles, fragiles, douces et bla et bla et bla.

Allez, avouez que vous me trouvez hystérique ? Comme quand j’essaie d’expliquer aux gens que je ne comprends pas qu’on puisse vouloir des enfants ou que le mot « vagin » nous parait vilain parce qu’il est gravement connoté par l’accumulation d’horreurs attribuées à son propos depuis des siècles de culture judéo-chrétienne, et non pas parce que ces syllabes sont « moches », çe qui ne veut rien dire du point de vue de l’objectivité…

Ô rage ô désespoir

A lire à tout prix pour ne pas mourir idiot(e) :
Mona Cholet, Beauté fatale
Pierre Bourdieu, La domination masculine