Marché aux bestiaux

J’habite non loin de Laissac, un village dont le marché aux bestiaux (surtout bovins) est le plus grand du sud de la France. Il est hebdomadaire et se visite à la belle saison. C’est une expérience insoutenable pour les anti-exploitation animale, et il est vrai que, même pour quelqu’un de moins sensible à cette cause, le traitement de ces milliers de vaches, veaux et bœufs poussent à la réflexion. Les bêtes y sont toutefois en bonne santé, d’ailleurs les vieilles « carcasses » sont loin de la vue du touriste.

Ce genre d’évènement est très intéressant du point de vue sociologique. On n’y trouve quasiment que des hommes, et tout le contexte est propice à l’exaltation du mâle : le bruit des animaux qu’il faut couvrir de sa voix forte, la force musculaire dont il faut faire preuve pour faire se déplacer des animaux dont le poids avoisine parfois la tonne… Et parfois la brutalité. C’est assez triste. Et pourtant, cette foire est l’un des derniers bastions contre les industries agroalimentaires qui ont pris l’habitude de traiter directement avec les éleveurs, ce qui fait que les prix baissent de plus en plus au détriment, bien sûr de la qualité.

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Lien

L’agriculture aujourd’hui

Cela faisait longtemps que je n’avais pas posté sur therecette ! En effet je travaille désormais sur un autre blog, à quatre mains cette fois : http://wohsite.wordpress.com/ ! Venez m’y retrouver à travers de nouvelles recettes, du jardinage et du bricolage, du DIY.  Et venez découvrir mon acolyte Gaëlle, ses recettes beauté faites maison et ses confections de bijoux ! A bientôt …

Ceci dit je ne vais pas complètement abandonner therecette et sa tournure contestataire de ces derniers temps. Voici, pour attiser le brasier de la réflexion et de l’esprit critique, deux liens intéressants sur l’agriculture actuelle :

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-31-janvier-2016_1283737.html

Je ne sais plus si j’avais déjà parlé de Lydia et Claude Bourguignon, je pense que oui quand même, et je trouve bien qu’une grande chaîne nationale mette le coup de projecteur sur ces deux scientifiques, de très grands connaisseurs de la terre, bien qu’une diffusion à une heure de plus grande écoute aurait été salutaire…

http://rue89.nouvelobs.com/2015/07/10/chers-agriculteurs-colere-quoi-etonnez-260211

Je peux témoigner en effet du mode de vie des « gros » agriculteurs du Lévézou, plateau au centre de l’Aveyron, très adeptes des grandes surfaces, c’est bien simple ils ne jurent que par elles et se moquent à gorge déployée dès qu’on leur parle de circuit court, d’AMAP et même parfois de culture bio.

Alors critiquer le labour et l’utilisation de leurs énormes engins… quel iconoclasme !

Vidéo

Pas de « réaction » mais un constat

Je vous propose un documentaire sur l’évolution de l’agriculture en France en guise d’introduction à une série d’articles que j’aimerais écrire à propos de la terre et de son exploitation.

La grande qualité de ce documentaire est de ne pas tomber dans le « c’était mieux avant » « c’est la faute des agriculteurs » etc. Soit une vision manichéenne de la situation compliquée et de l’impasse dans laquelle on se trouve aujourd’hui vis-à-vis de notre production alimentaire.
Car je me surprends moi-même à glisser vers ce genre de travers parfois.
J’ai notamment appris dans cette vidéo ce qu’est le remembrement des années 60 et 70. Un morceau d’histoire totalement occulté par les programmes de l’Éducation Nationale et qui explique en partie pourquoi la biodiversité a été tant mise à mal.

La permaculture

Quelques mots sur la permaculture : non pour l’expliquer, un article ne suffirait pas, mais pour comprendre en quoi cette façon de voir les choses est intéressante.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce qu’on entend par le néologisme anglophone « permaculture » (contraction de « permanent culture »), allez voir les vidéos de Damien Dekarz, il en parle bien.

En effet, la permaculture n’est pas une méthode de culture. Elle est plutôt une sorte de philosophie de l’expérience alliée à de la science appliquée, certains parlent de design de vie. Pourquoi pas. Pour moi c’est plutôt un questionnement perpétuel sur la vie, quotidienne comme en général, et sur nos connaissances. Un questionnement qui remet en cause un bon nombre (voire toutes) d’idées reçues sur l’agriculture.
Par exemple (et quel exemple !) : retourner la terre. Pour la permaculture, cela signifie mettre à nu ce qui ne devrait pas voir le jour, assécher la terre, détruire des champignons, des vers de terre etc. Bref, c’est bouleverser un système qui fonctionne très bien sans nous. Imaginez comme les permaculteurs peuvent être vus par l’agriculture dite « moderne ». Mais de terre, j’en reparlerai dans un autre article…

Un autre exemple : la gestion des ravageurs. Le permaculteur essaiera de cultiver plus de salade qu’il n’en consomme afin de rassasier les rongeurs avec ce surplus. C’est vrai que cela peut paraître naïf pourtant c’est une vision globale qui prime et pas seulement une vision anthropocentrée.

De plus, j’aime l’idée que l’on peut obtenir mieux que l’agriculture conventionnelle sans produits chimiques (qui sont coûteux, mortifères et dont l’achat engraisse des multinationales sans morale ni scrupule), sans avoir besoin de milliers de watt, de milliers de litres d’eau, … A l’heure où même moi et mes 30 années d’existence, risquons de voir la fin du pétrole sur lequel on a tout misé et on mise encore, y compris en ce qui concerne notre alimentation…

La permaculture va avec la décroissance c’est vrai : la récup’ en est la colonne vertébrale. Mais on est loin du misérabilisme et de la victimisation auxquelles la décroissance est souvent réduite. Parce qu’elle signifie qu’il nous faut produire juste ce dont on a besoin et que le temps qu’on y gagnerait, ça ! ce serait le Vrai Progrès !