Citation

Pas assez de travail … ?

« Le travail acharné est le refuge des gens qui n’ont rien d’autre à faire. »

Oscar Wilde

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Féminisme ou objectivité ?

Souvent je me demande si mes réactions contre le machisme relèvent du féminisme ou de l’objectivité.

Je m’explique. Quand je vois, chaque jour sans exception, tous les symptômes du gouffre qui sépare les femmes des hommes, je me scandalise. Comment peut-on laisser faire ces injustices ?
Ces injures ? Ces soumissions diverses ?

Est-ce que je m’insurge alors contre un fait établi (c’est-à-dire un système de domination masculine comme l’explique Bourdieu) ou contre le dominant (et fais preuve de féminisme, au sens de lutte pour l’égalité homme-femme) ?

Une femme qui se dresse contre l’oppression masculine et la pression qu’elle subit en tant que femme vis-à-vis de la société est tout de suite perçue comme l’hystérique de service ou l’idéaliste du coin, elle est catégorisée pour mieux la mettre de côté.
Alors c’est l’image du serpent qui se mord la queue car nous en sommes réduites à nous taire, à rester en retrait, à nous faire petites, exactement ce que notre belle société machiste cherche à faire des femmes : timides, précieuses, frivoles, fragiles, douces et bla et bla et bla.

Allez, avouez que vous me trouvez hystérique ? Comme quand j’essaie d’expliquer aux gens que je ne comprends pas qu’on puisse vouloir des enfants ou que le mot « vagin » nous parait vilain parce qu’il est gravement connoté par l’accumulation d’horreurs attribuées à son propos depuis des siècles de culture judéo-chrétienne, et non pas parce que ces syllabes sont « moches », çe qui ne veut rien dire du point de vue de l’objectivité…

Ô rage ô désespoir

A lire à tout prix pour ne pas mourir idiot(e) :
Mona Cholet, Beauté fatale
Pierre Bourdieu, La domination masculine

Nid douillet

Menu du Lundi midi (menu philosophique) intitulé « C’est la poule qui phi lo soeuf »

Nid de crudités
Concombre, radis noir, tomates, œufs de caille

Poule au riz sauce blanche

Verrine de salade de fruits et panna cota sur nid biscuit-chocolat

A déguster après la chasse aux œufs.

Ironie et architecture #1

Attention attention ! Moment d’assoupissement garanti pour ceux qui ont du mal à se concentrer ! Je m’apprête à parler d’un sujet sérieux : mon mémoire de Master Art et Culture mention Esthétique effectué à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et bla et bla.

Déjà lassé ? Non… Attendez ce n’est rien : deuxième niveau du jeu, le titre

« La réaction ironique des architectes au modernisme dans les années 1970 et 1980« 

Ou comment on se pose une question que personne ne s’est posée avant, et ça, ça le fait. Du moins quand on a le nez dedans.

En fait, j’avais été pas mal surprise par les architectures dites post-modernistes qui jouaient avec les codes, les formes, les couleurs, les fonctions des bâtiments.

Exemple : le théâtre de Ricardo Bofill à Noisy-le-Grand

Les post-modernes ont cherché à réinventer les codes visuels connus de tous, après le purisme et l’ascétisme des modernes. Ils se sont surtout attaché à la citation, à la narration, au décalage et parfois même à l’absurde.

Le Corbusier, architecte le plus connu du modernisme, prône la fonctionnalité et la simplicité. La villa Savoye est son parangon. Une villa corbusienne peut se trouver n’importe où, à Poissy comme à Tokyo ou en Sibérie. Sa fonction seule fait sens. Alors qu’une architecte post-moderne s’attache au lieu dans lequel elle s’implante.

Villa Savoye, Poissy (1931)

Après lui, les architectes chercheront le curieux, l’insolite tout en s’attachant à donner du sens à leur oeuvre. Pei réinterprète la cour Napoléon du Louvre en lui insufflant à la fois une  profondeur historique et un éclat grâce à l’utilisation du verre.

Pyramide du Louvre (1989)

Renzo Piano fit, lui, du centre Pompidou une machine à penser, une fabrique de l’art, en extrayant les réseaux d’eau, d’électricité, de ventilation etc. et l’ossature-même de l’intérieur du bâtiment vers l’extérieur, pour laisser à l’intérieur des espaces dédiés à l’art complètements libres, sans entraves, au sens littéral comme au figuré.

Comprendre comment on pouvait trouver intéressant de loger des centaines de familles dans des immeubles massifs et d’aspect monumental m’a donc menée à l’ironie. Même si celle-ci se teinte de cynisme (d’ailleurs une partie de la question ne pouvait être résolue : comment savoir si les créateurs avaient conscience de l’ironie de leurs choix formels ?).

L’investigation devait tenir dans le cadre d’un mémoire d’esthétique, de philosophie de l’art. Il fallait donc s’appuyer sur un panel de philosophes depuis la maïeutique platonicienne jusqu’à Kierkegaard. Très franchement je ne me souviens plus de la conclusion.

Elle ne devait pas briller par son éloquence ni par ses réponses à la susse-dite question. Mais je vais essayer de tirer de l’ensemble quelques articles intéressants.